Panneaux PVC expansé 5 mm, impression numérique couleurs UV, 1000 x 1500 mm, avec système d’accroches contrecollées au dos du panneau
L’Ukraine publie en 2023 un plan de récupération de la Crimée en plusieurs points. Le point n°6 concerne la ville de Crimée de Sébastopol, longtemps bastion militaire et naval Russe en mer Noire, qui serait rebaptisée par son nom tatar Akhtiar une fois la Crimée retournée à l’Ukraine. Selon le plan, le nom intermédiaire de la ville serait alors « Objet N°6 », dans l’attente de l’adoption du nom définitif. Dans un tout autre registre, l’appellation Objet N°6 n’est pas sans rappeler un produit de luxe bien connu internationalement. Une ambiguïté se dessine à l’aune du langage et de son interprétation contextuelle.

Dans la même veine, l’été 2023 marque un tournant dans la guerre, avec la contre-offensive de l’armée ukrainienne, qui prend du temps à se déployer. L’état-major diffuse une vidéo des soldats ukrainiens sur le terrain préparant l’offensive et faisant le signe « chut… ». Le film se termine par une phrase énigmatique : « Les plans aiment le silence ». Celle-ci, vue sous un tout autre angle, a de quoi interpeler l’urbaniste, si l’on pense par exemple aux écrits d’Olivier Mongin (La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation, 2005), lorsqu’il observe une scission grandissante entre « l’ingénieur » qui pense les plans d’en haut (on pourrait donc dire en silence…) et « l’homme banal », celui qui vit et expérimente l’urbain au quotidien.


