Sinologue, urbaniste, docteur en géographie, artiste plasticien, Jérémie Descamps est un chercheur-artiste¹ français, né en 1978 à Paris. Il développe une œuvre plurielle qui donne aux SHS et à la géographie de nouveaux reliefs. Il crée des données visuelles, sensorielles et narratives qui abordent de façon critique, politique ou sensible l’accélération urbaine en cours. Les interactions entre espace et langage restent son obsession fondamentale : comment écrire (dans) l’urbain contemporain ?
Passé par les Langues O’, l’École d’urbanisme de Paris ou encore l’INSA Lyon dans le cadre de diplômes de langue et civilisation chinoises, d’urbanisme et de géographie – maîtrise, master, doctorat – et plusieurs institutions au début de sa vie professionnelle, il a aussi ouvert sa propre structure de recherche urbaine à Pékin (Sinapolis) où il séjourne près de 15 ans, fondé une revue en ligne d’études croisées urbaines et chinoises (Modu Magazine), avant de gagner l’Alsace via le transsibérien, sur la ligne Beijing-Mulhouse. Il enseigne ensuite à l’université et termine sa thèse dans le chaos du Covid. A mesure de son parcours, il adopte une position artistique de plus en plus marquée pour dire la ville. Ses travaux s’organisent donc autant par les arts visuels, la littérature ou le son, qu’il croise avec les sciences sociales. Transfuge est-ouest, il continue de se déplacer avec ses idées et vit aujourd’hui à Caen.
Financement : École Urbaine de Lyon, contrat de salarié du secteur public de 14 mois. Ce travail a bénéficié de l’aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’Investissements d’avenir portant la référence ANR-17-CONV-0004
Directeurs : Michel Lussault, Jean-Yves Toussaint
Résumé simplifié : Imbriquée dans l’accélération générale du monde (au sens de Rosa) autant que dans l’essor du marché global qui accompagne le développement chinois à partir des années 1980, l’accélération verticale de l’urbanisation de la Chine est concomitante, pour ne pas dire paradoxalement vectrice, d’une urbanisation par le bas que des acteurs non-étatiques ont a coeur d’aviver. Pour cause, les périls que l’accélération urbaine engendre à tout les niveaux du développement durable et les risques multi-scalaires encourus (de locaux à mondiaux) incitent ces acteurs, internautes, artistes, société civile, journalistes indépendants, intellectuels, architectes, communautés locales, à construire un véritable « urbanisme » politisé et de projets pour lutter contre cet urbain dérégulé. C’est notamment l’étude de leurs représentations (culturelles, sociales, intimes, visuelles…) qui a permis d’aboutir à six « thèses » de l’accélération urbaine chinoise.
Jury : Thèse soutenue le 24 juin 2022 à l’INSA Lyon devant un jury composé de Cristiana Mazzoni, professeure des universités, ENSA de Paris-Belleville, directrice UMR AUSser (rapporteur), Nicolas Douay, professeur des universités, Université Grenoble Alpes (rapporteur), Vincent Fouchier, docteur, directeur général adjoint de la Métropole Aix-Marseille-Provence (rapporteur), Jean-Yves Toussaint, professeur des universités, INSA Lyon, EVS (directeur de thèse), Michel Lussault, professeur des universités, ENS Lyon, directeur de l’Ecole urbaine de Lyon (co-directeur de thèse), Judith Audin, docteure, membre associée CECMC (examinatrice), Christian Montès, professeur des universités, Université Lumière-Lyon 2, EVS (examinateur), Lydia Coudroy de Lille, professeure des universités, Université Lumière-Lyon 2, EVS (examinatrice, présidente du jury)
CV exhaustif : j_descamps_cv
Voir l’article : De sensibles espaces de résistance, par Marie Terrieux, commissaire d’exposition, 2024
¹ Les syntagmes « chercheur-artiste » ou « artiste-chercheur » sont proposés par Boudier, Déchery et al., 2022