Participation à l’exposition collective Botanica, série photographique Chauler les Arbres, Fondation François Schneider, Wattwiller, du 11 décembre 2021 au 27 mars 2022. Présentation de six photographies 30 x 40 cm tirées sur support Dibond.
« A bonne hauteur, comme tambours battants, se dressent des troncs d’arbres anciens et cantonais. Blanchis à la chaux, ils ne sont que bustes protecteurs ou potiches sans fleur, plongés dans les lumières de rares réverbères. Je t’invite à parfaire ces fûts partenaires qui jadis furent plantés en ces villes d’outre-terre. » Marc Thébault
« Canton, mégalopole du Sud chinois, est indolente, ardente, bétonnée, luxuriante, grouillante, intime, poisseuse, clinquante : elle est tout à la fois, elle est selon ses habitants, « ce cœur qui irrigue le Delta ». En son sein, gît un poumon vert et joyau de l’architecture début 20e : l’Université Sun Yat-Sen. Paré d’eucaplyptus et de banyans géants, de jardins cernant des vestiges d’une architecture métisse Orient-Occident, le campus vit au rythme des études à rallonge et du passage des ferrys de la rivière des Perles, là-bas au bout de l’allée centrale, pour assurer la traversée vers la ville dense.
Mais il ne s’agit pas de ça. Ou si, peut-être, au fond. Il s’agit de ce paysage, qui naît dans ces jardins. Il s’agit de cette technique ancienne toujours bien ancrée qui créé une ligne, une lueur en taches blanches qui emplit de part en part toute la nocturnalité de l’espace.
« Chauler » les arbres, « chaulage » des arbres, quels drôles de mots. En chinois, c’est badigeonner de la « poudre de calcaire (CaCO3) ». Ce procédé à la chaux agricole est couramment utilisé dans les pays chauds et humides pour prévenir des insectes qui craignent les zones lumineuses et n’osent grimper aux troncs enduits pour y pondre leurs œufs. En outre, en hiver, la chaux blanche capte la lumière de la journée et conserve 40 à 70 % des rayons ce qui compense la perte de chaleur de la nuit, assurant une température stable et évitant les chaud-froid qui font si souvent mourir les arbres. » Jérémie Descamps
Tirages d’Art en édition limitée et numérotée, format 30 x 40 cm, papier Hahnemühle baryta 320gr ou papier Hahnemühle photorag 188gr.
L’exposition des tirages peut également s’accompagner d’une performance de « chaulage », consistant à recouvrir entièrement et patiemment à la chaux une ou plusieurs souches d’arbre, telle la pétrification – la protection ? – d’une forme urbaine hypothétique.