DESCAMPS J., « Du conflit à l’institutionnalisation, le participatif comme nouvelle pratique urbaine à Pékin », Tous urbains, Nº 27-28, septembre 2019, pp. 76-79.
Article publié dans la revue Tous urbains (PUF) dans le cadre du dossier « La Chine oriente » réalisé sous la direction de Michel Lussault et de l’Ecole urbaine de Lyon. Il s’agit ici de retracer les avancées récentes et limites en matière d’urbanisme participatif en Chine en s’appuyant sur l’exemple d’opérations urbaines de différents ordres dans le centre historique de Pékin. Plusieurs typologies de projets sont analysées, notamment à l’aune de l’expérience et de la pratique du bureau d’études et de recherche Sinapolis, qui a conduit plusieurs micro-projets pilotes entre 2010 et 2015. Celui-ci est parvenu à mobiliser l’attention des pouvoirs publics (Institut d’urbanisme de la ville de Pékin) sur le problème majeur de la décrépitude du centre historique de la capitale, particulièrement celle des dazayuan, et les enjeux de la participation citoyenne en vue de la préservation de l’habitat dans les quartiers populaires à caractère historique.
« La période des réformes économiques et de l’ouverture projette Pékin dans une phase de développement fulgurant. Entre 1978 et 2016, la population a plus que doublé (8,71 à 21,72 millions d’habitants) notamment du fait des flux migratoires, multipliés par 37 (218 000 à 8,07 millions). La trop forte concentration de fonctions urbaines, les besoins en équipements et en infrastructures, la tenue des JO, combinés à une spéculation foncière et immobilière débridée, parachèvent la destruction d’une grande partie du centre historique qui, jusqu’en 2004, ne bénéficie d’aucun plan de sauvegarde. »